Publié dans Vie de maman en construction

Le dilemme de l’arrêt de travail lors d’une dépression post-partum…

Vous le savez déjà, je vais pas le répéter 10.000 fois au risque de vous saouler, dépression post-partum, blabla…Bref donc traitement et arrêt depuis 1 mois déjà…prolongé jusqu’à mi mai…Le problème est d’en profiter à bon escient. Et ce n’est pas si simple. 

tristesse

La culpabilité

Non, je n’ai pas une jambe cassée, non je n’ai pas de cancer. Alors les gens ont du mal à voir cela comme une maladie. Heureusement que la psychiatre est là pour rappeler à ma famille que c’est une MALADIE dont beaucoup de gens meurent…Bref, au-delà de cela, j’ai parfois du mal à me dire mes collègues bossent, pendant que moi je dors et me balade. Pour finir sur ce point, j’ai beaucoup de mal justement à faire des choses qui me font plaisir…ça j’y arrive en vacances. Mais là, je ne me sens pas toujours légitime.

Le salaire

Selon la situation et la maladie (dépression ou autre….), l’arrêt maladie est vu par beaucoup comme l’éclate totale, le repos, les vacances : Ibiza me voilà !!!. Sauf qu’à part une certaine catégorie de conventions, et bien le salaire n’est plus le même. Personnellement, lors de mon premier arrêt de 3 semaines en novembre, j’ai perdu 800€ sur mon salaire malgré le relais de la sécurité sociale parce que j’étais depuis trop peu de temps dans ma boîte. On a dû manger des pâtes tout le mois suivant…Maintenant que j’ai plus de 4 mois d’ancienneté dans ma boîte, je ne perdrai (normalement rien) pour ce premier mois, mais au-delà mon salaire sera quasiment amputé de moitié. Donc autant vous dire que je ne passe pas mon temps au resto, au ciné et à faire du shopping… Je dépense au minimum, je fais attention au moindre sous (apparemment c’est également une obsession qui peut être due à mon antidépresseur….). Bref pour le fun on va repasser. Sans compter que maintenant j’ai un enfant et que la priorité c’est lui. 

Les autres

Evidemment, on voit la famille, les amis. Certains comprennent directement, mais ils sont rares. Les autres te demandent clairement pourquoi tu vas pas au travail alors que tu peux te déplacer. Ils vont te dire qu’il faut que tu te bouge et que ça ira mieux vite. Chochotte va. Heureusement, la psychiatre est à nouveau là pour expliquer que lors d’une dépression, les neurones déconnent, ne font plus leur travail correctement, ce n’est pas juste une tristesse parce que Jack meurt à la fin de Titanic… Y’a un truc qui pète dans le cerveau et il faut du temps pour le réparer. Dans les pires cas, on en arrive aux mutilations, à l’alcoolisme, à la drogue et au suicide. Alors oui pardon cette phrase est difficile à lire, surtout pour ceux qui me connaissent personnellement. Heureusement je n’en suis pas là. Mais il faut rappeler près de 10.000 personnes se suicident chaque année, dont un gros % suite à une dépression non prise en charge. Parce qu’ils n’ont pas été entendus, écoutés, soutenus, compris, ou que par peur financière ils ont refusé un arrêt. J’ai refusé une bonne dizaine de fois une proposition d’un nouvel arrêt. J’ai un loyer, un enfant à nourrir. Sauf qu’à un moment on comprends que ce n’est plus le soucis, que la priorité est de notre santé. Qu’un jour on va aller mieux et qu’on reprendra le cours normal de la vie.

Pour finir

Oui, certaines personnes abusent toujours sur les arrêts maladie, des médecins peu scrupuleux font des AM de complaisance parce que le patient veut partir en week-end un jour avant, certes. Mais ce cas n’est pas général. Cet article n’apportera pas grand chose au débat mais si je ne peux faire comprendre ne serait-ce qu’à un lecteur ce que vit une connaissance qui est en dépression et que demain au bureau il ne lui répète pas « bouge toi », je serai contente (bon je le saurai pas mais bon….:p). D’ailleurs voici le lien d’un site qui explique tout cela de façon un peu ludique (le manque de concentration, la perte de totale de plaisir, même à manger alors qu’à la base on est un gros gourmand…ce qui m’arrive….je suis aussi incapable de lire un livre plus de 10 min alors que je lisais encore environ 4 romans par mois il y a quelques temps…)

Maman en Chantier

Ps : la psychiatre m’a dit quelque chose de très révélateur…(enfin à mon conjoint plutôt qui avait du mal à bien comprendre les choses) : « quelqu’un qui fait un infarctus, on le lui dit pas de se bouger et d’arrêter de se plaindre ? Ben c’est pareil…une maladie. Une vraie ».

23 commentaires sur « Le dilemme de l’arrêt de travail lors d’une dépression post-partum… »

  1. J’a connu trois personnes très proches (de ma famille) tombées en dépression. Dont une qui vient de faire une rechute il y a peu… Les deux autres en sont sortie, et m’ont dit que tant qu’on est pas touché, on ne sait pas ce que c’est. C’est difficile de se rendre compte. C’est difficile aussi de savoir quoi faire… j’espère que tu vas vite remonter la pente. Vite ou pas d’ailleurs, l’important est que tu ailles mieux. Te faire aider est déjà un beau pas en avant. En parler, ici ou là, t’aide aussi, j’en suis certaine ! Courage 🙂

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  2. Mon père fait une dépression. Avant ça, il ne comprenait pas ça, pour lui, ça n’existait pas. Et puis ça lui est tombé dessus.

    Mon mari a un mal particulier à le comprendre aussi, et on se chamaille là-dessus. Les personnes dépressives le rendent « fou ». Il ne comprend aucune de leurs réactions et ce manque de « logique » lui donne envie de les bousculer violemment.

    Difficile de faire comprendre aux autres de quoi il s’agit vraiment. Oui, c’est une vraie maladie. Pas des caprices, pas de la simple procrastination. La difficulté réside en ce que l’entourage n’a aucune idée de comment réagir. « Lui dire de se bouger ? » Mauvaise idée … « Le laisser tranquille ? » Peur que ça empire .. Difficile.

    Je te souhaite une belle guérison. Et bravo à ta psychiatre. Ca doit de faire du bien qu’elle soit là.

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    1. merci et en effet ça fait du bien de tomber sur quelqu’un de bienveillant…mais tu sais moi aussi j’étais comme ça avant, même si je n’en étais pas au point de les rejeter, je ne comprenais pas cet état…rien n’y est comparable comme sensation donc sans l’avoir vécu on a du mal si on est un peu fermé 😦

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  3. Je découvre ton blog et ton histoire qui résonne en moi ! Je suis passée par là après la naissance de ma fille (burn-out, dépression du post-partum, bref peu importe le nom que l’on met dessus). J’ai commencé par un arrêt, puis j’ai pris la décision de partir en congé parental (j’avais la chance de pouvoir me le permettre financièrement), par culpabilité envers ma société, mes collègues principalement. Et bien plus de 5 ans après, je suis toujours à la maison mais avec un enfant de plus et bien plus épanouie ! Le chemin sera peut-être long et semé d’embûche mais tu sembles avoir pris conscience des choses et être bien suivie et entourée et c’est bien là l’essentiel.
    Je te souhaite tout le courage du monde dans cette passe difficile.
    Virginie

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  4. Quand j’avais vécu tout cela après la naissance de P’tit Bout, la seule « solution » que je voyais c’était de démissionner de mon travail qui m’avait tant fait souffrir … Je n’ai pas eu le « courage » de me mettre en arrêt maladie à l’époque car je savais que si j’en partais, je ne pourrais plus y retourner ! Mais quasiment 2 ans après, je n’arrive toujours pas à me résoudre d’avoir été contrainte de tout quitter pour « préserver ma santé psychologique », qui a été très entachée par tout cela. Les personnes de notre entourage qui ne comprennent rien et le mal qu’ils nous font par leurs paroles, nous faire penser que ce sont NOUS les « responsables » de cette situation … Bref, tu es bien entourée, tu vas « rebondir », ne t’en fais pas et prends le temps qu’il faudra pour cela ! 😉

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  5. Oh tiens, un article qui parle de moi!!! Je suis en plein dedans! Je termine ma 2e semaine d’arrêt de travail et, malgré le fait que je culpabilise tellement de ne pas aller travailler, « parce que je ne suis pas malade », l’idée d’y retourner la semaine prochaine est très difficile, je m’en sens incapable. Pourtant j’adore mon boulot!
    Difficile de regarder son enfant, qu’on aime pourtant tellement fort, comme si on était qu’un robot à ce moment là, sans sentiment!
    Tellement difficile d’avoir l’impression de n’être plus tout à fait soi, d’être en « mode automatique »!
    Et tellement difficile d’affronter le regard des autres!
    Je ne pourrais pas trouver les mots de la motivation et de la positive attitude, parce que je n’y suis pas du tout moi même!
    Bon courage.

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    1. tout à fait, ton cerveau n’en est pas capable….si tu peux faire un arrêt supplémentaire, fais le…perso en novembre je ne pouvais pas sinon je ne pouvais plus sinon je ne pouvais plus subvenir à nos besoins…et les choses ont empiré….jusqu’à ce que là j’en finisse avec 2 mois d’arrêt, un risque d’hospitalisation et un arrêt prolongé qui sera peut être obligatoire 😦 on n’arrive pas à voir le positif dans ces cas là, on ne voit pas le bout du tunnel….et pourtant il parait qu’il y en a un. plein de courage à toi aussi

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