Publié dans Vie de maman en construction

La dépression post-partum est une chienne

Post partum, pas post partum, bref vous êtes en dépression qu’il vous dit le docteur. Enfin dans la cas présent, je suis, mais c’est plus simple de ne pas parler de soi. 

Vous avez eu un bébé il y a quelques mois. Alors d’abord on vous rabroue gentiment en disant que c’est normal d’être fatiguée, qu’il faut vous reposer et prendre de la vitamine C non remboursée.

Puis vous revenez, on vous engueule presque de ne pas vous être reposé. Avec un taff de 7h à 18h30, des réunions à assurer parfois le soir et des déplacements aussi parfois le week-end. Un bébé à aller chercher chez la nounou à 18h30. Crevé le bébé. Hurlant le bébé. Parfois les grands-parents le gardent une nuit. Vos amis vous disent que c’est pas mal déjà. Ils ne savent pas qu’une dépression ne passe pas avec une nuit de 10h.

larmes

La nounou qui vous reproche 5 minutes de retard. Et encore la fin de la journée pour bébé c’est 18h30 sur le papier. Mais il est fatigué, donc vous devriez arriver à 18h25 voyons. Après avoir passé 1h dans les bouchons à stresser…

Et le papa ? ben le papa il bosse en décalé. Donc le week-end vous avez bébé non stop. Papa, lui, a ses jours de congé en semaine. Il emmène bébé chez la nounou le matin, passe la journée à faire ce qu’il veut, et va le chercher plus tôt le soir (en crèche familiale on ne peut pas garder bébé avec soit sur nos congés même si on veut…). De l’avis de tous, c’est un warrior, un papa adorable, surtout qu’il se lève parfois la nuit si bébé a du chagrin. Sauf que vous, vous faites les 80% restant du temps, mais là c’est normal. 

Puis un jour, vous allez voir un autre médecin et lui dites que vous avez songé à plonger dans le décor avec la Peugeot et qu’en rentrant vous vous êtes envoyé une bouteille de Jack Daniels (pas mal mais ça a fait bobo à la tête). Non vous n’avez pas voulu mourir. Oui vous aimez bébé plus que tout. Non vous n’arrivez même pas à analyser votre état. Non vous ne pleurez pas. Non personne ne voit rien à la maison.

Enfin, ce médecin comprend que vous avez besoin d’un break et vous sauve pour un temps (merci. enfin merci pour la forme). Arrêt de travail. Mouai. Papa est au courant, il dit qu’il vous soutient. Sauf que comme vous êtes à la maison, il attend inconsciemment que vous fassiez le ménage, que vous alliez vous promener avec bébé, que vous fassiez les courses. Alors que même monter 3 escaliers vous semble le bout du monde. Vous qui adoriez lire plusieurs romans par mois, même un magazine est trop difficile à comprendre. Seuls les programmes débiles à la télé ne vous donnent pas envie de….sincèrement je ne sais pas finir cette phrase.

Puis viennent les médocs. Non vous ne les vouliez pas, mais si rien n’était fait, vous ne savez pas ce qui se serait passé. Puis vous voyez un psy. Sympa la psy, à l’écoute. A chaque séance vous êtes plus légère….pendant 1h.

Le papa se voile la face, se dit que c’est léger. Une petite déprime du dimanche soir. Après tout, vous continuez à envoyer votre enfant dans les airs, à lui préparer des petits plats et à l’aimer plus que tout. Vous ne pleurez pas H24 donc c’est que ça doit pas être si grave…

Vous êtes en CDD d’1 an, même pas dans la boîte depuis 3 mois et demi. Donc votre arrêt, il vous fait un mal de chien sur votre salaire. Un tel mal que ça ferait encore plus mal de rester en arrêt que d’y aller.

Si vous demandez à votre médecin de retourner au travail, c’est que ça va forcément mieux. Evidemment. Ce n’est pas du tout parce que vous avez perdu plus de la moitié d’un salaire et que vous ne pouvez pas vous le permettre. Donc vous devez aller mieux, c’est mathématique. Même quand vous buvez plus que de raison, ça parait normal.

Alors oui, le médecin sait que ça ne va pas. Il augmente les doses. Certains jours ça va mieux, et d’autres vous cherchez une solution qui ne vient pas. Vous savez que ce soir, en rentrant, vous arriverez courbée par votre douleur « quonnesaitpasdoùellevient », mais comme vous ne pleurerez pas, ben on vous abreuvera de mots sans intérêt, on vous demandera de faire à manger et de changer le petit. On ne prendra pas en compte vos envies. D’ailleurs, dans votre esprit, le mal qui vous ronge n’a rien à voir avec tout ça. Vous ne vous dites pas « rhooo ça me saoule de faire ceci ou celà », non. C’est comme ça, ça vous est tombé dessus un sale matin. Alors que la veille, tout allait bien. Et ça dure, et ça dure.

Jusqu’à quand ?…

Maman sacrément en chantier…

54 commentaires sur « La dépression post-partum est une chienne »

  1. Ça passe. Ça fini par passer. Et je parle en connaissance de cause. Il en reste quelque chose, une fragilité, une espèce de honte sourde et de l’envie pour toutes celles qui vivent la maternité comme une évidence. Le 2eme bébé a fini de me guérir. Courage

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        1. je l’espère….pour le moment j’ai l’impression qu’au delà d’aujourd’hui il n’y a rien. je ne sais même pas comment j’arrive à aller au boulot. chaque matin je me dis « pense à tes sous »…et chaque soir je me dis « voilà un jour de gagné »….pour les sous et pour le reste

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      1. oui, je sais, elles font très mal, et sont la plupart du temps débiles. On vit dans une société difficile. Car on SAIT qu’il n’y a pas de wonderwoman, mais on court toutes après ce modèle…et le monde virtuel ne vient pas aider dans ce sens. Attention aux apparences (et moi en tant que blogueuse je contribue à ça 😦 )– il faut pas se comparer, ou si on se compare, il faut comparer l’ensemble ! Les aides, le mari, le boulot, les trajets et les enfants 🙂

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        1. et tout ce qu’il y a derrière aussi je pense…tout ce qui fait que certaines vont faire des dépressions et d’autres pas…probablement des trucs qui remontent, je ne sais pas…pas encore assez vu la psy pour le savoir. en tout cas merci pour ce réconfort…

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  2. Oh, mince, je suis désolé de lire ça. Je contait très bien la fatigue et même la fatigue intense mais pas la dépression. Je te souhaite beaucoup de courage et j’ai bien envie de te faire des câlins même si on ne se connait pas.

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    1. c’est adorable à toi…oui en fait avant de reprendre le travail et de débuter cette dépression du jour au lendemain après 10 jours de travail, j’étais ultra fatiguée, épuisée, mais c’était très différent. certes, le repos peut aider mais c’est très insuffisant pour guérir 😦 et malheureusement les proches pensent que ça suffit….tu as dormi 10h 2 jours de suite donc ça devrait aller mieux. sauf que toi tu sais que tu pourrais rester au lit 24h/24 sans être encore remise…c un état très étrange à vivre, sans aucune prise apparente 😦

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  3. Bonsoir,

    Ton article m’a beaucoup touché. Je n’ai pas vécu exactement la même situation mais je la comprend. En résumé, j’ai 24 ans et j’ai eu mon premier enfant à 20 ans et le second à 22 ans. Tous les deux étaient bien entendu voulu. J’ai vécu après la naissance de mon deuxième enfant une déprime de quelques semaines, je pleurais tout le temps, je ne me sentais pas bien, rien ne me faisait envie, mon corps me faisait mal partout, j’étais tout le temps fatiguée et anxieuse, mais tout ça j’étais toute seule à le vivre. J’aime mes enfants, mais à cette période j’avais juste besoin d’être seule. A la demande de mon compagnon qui a remarqué que ça n’allait pas mais qui n’en faisait pas tellement plus pour arranger les choses j’ai vu le médecin. Et là j’ai eu le droit au traditionnel « il faut se reposer et essayer de relâcher la pression », oui bin j’aimerais bien. Sans oublier de faire une remarque déplacée sur mon choix d’avoir fait des enfants relativement jeunes « en même temps il faut dire que vous n’avez pas fais les choses dans le bon ordre ». Parce qu’il y a un « bon » ordre ? J’avais interrompu mes études que j’ai reprises depuis, mais je travaillais et assumais mes enfants, et j’estimais que je n’avais pas à être jugée par mes choix de vie. Je suis ressortie de la consultation encore plus déprimée qu’avant, j’étais venue pour trouver du soutien et à la place on m’a donné des conseils bateaux et j’ai été jugée. Je commençais à remettre tout en cause dans ma vie, puis j’ai eu un déclic, et je me suis « réveillée ». Mes enfants je les avais voulu, je les aimais, et je ne devais pas me laisser envahir par ce qui n’allait pas, et essayer de toujours voir le bon côté des choses. C’est cette prise de conscience qui m’a aidé. Par moment, je me sens de nouveau débordée mais j’essaie de relativiser du mieux que je peux. L’important c’est le bien-être de nos enfants, et je te souhaite d’arriver à surmonter tout ça pour ton bébé, mais aussi pour toi. Bon courage en tout cas, et n’hésite pas à en parler autant que nécessaire, à ton compagnon, ton entourage, des professionnels.

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    1. Un grand merci pour ton témoignage, en effet je trouve que les professionnels de santé sont vraiment mauvais en ce qui concerne le psychique…on nous dit tout le temps de consulter notre médecin si on plonge mais il y a tant de médecins qui s’en tapent… Pour la prise de conscience des problèmes et tout ça, il y a des jours où je ressens ça et j’ai l’impression qu’enfin ça va mieux. Et le lendemain je replonge…Donc j’espère qu’un jour ce sera définitif. Encore un gros merci pour ton soutien et ton témoignage. Des bises

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  4. Au départ, j’etais contente de voir un nouvel article de toi apparaitre, puis je n’ai pas aimé ce que j’ai lu pour 2 raisons : je n’aime pas quand les nouvelles ne sont pas bonnes et réjouissantes pour le monde autour de moi. Et aussi car, a degres différent, ton article me parle complètement… moi la peugeot etait remplacée par l’envie de ne pas descendre à ma gare le soir et la bouteille de jack etait remplacée par un cotes du rhone, et je ressentais ce mal etre surtout l’été dernier… Entre la gestion de la vie personnelle, maternelle, professionnelle, le challenge est deja enorme (oui parfois c’est plus un challenge qu’autre chose) et le regard extérieur sur nous est vraiment faussé (famille, mari, travail …) j’ai l’impression que toutes les mamans autour de moi assurent comme des bêtes mais elles font comme toi et moi en fait, illusion devant les gens … on est toutes sur le même modèle, et on se garde bien de nous parler des effets de ce foutu post partum avant l’accouchement. Je souhaite vraiment que le ciel redevienne tout bleu pour toi, chassé les nuages de la fatigue et du stress (meme si le mot maman est quand meme synonyme de stress) bisous et plein de bonnes ondes

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  5. Tu écris vraiment joliement la chose, c’est dur pour moi de dire que je partage ton sentiment car je ne le connais pas. Cependant la dépression, je la connais que trop bien, et tu semble avoir la volonté d’en sortir alors tu y arrivera. Je pense que je n’écris pas très bien ce que je veux te dire mais en tout cas je te dis bon courage, et nous, nous t’appuyons.

    Bise

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  6. Pourquoi pas une nounou en garde partagée de nuit? Ou une crèche de nuit? Du repos pour toi et même si ce n’est pas gratuit tu rateras moins le travail et seras plus opérationnel. La dépression ne fait absolument pas de toi une mauvaise mère. Juste un être humain normal. Beaucoup de femmes souffrent de l’énorme poids qu’elles portent. Être mère, épouse, employée, femme au foyer (ménage, cuisine, courses …) le tout en même avec souvent des hommes absolument pas conscients du travail que cela représente…Il va falloir du temps pour trouver ton équilibre. C’est malheureusement très mal reconnu par les professionnels de la petite enfance et le personnel de santé.

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    1. je suis bien d’accord….malheureusement vu mon contrat je gagne peu donc pas possible de payer une personne en plus de la crèche familiale. en ce moment je suis en arrêt, et même là j’ai du mal à me reposer, c’est difficile 😦

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  7. J’ai beaucoup pensé à ton article et aux paroles de ta nounou. J’ai pensé aux causes de tout ça et j’en suis venu à écrire deux articles dessus. J’aimerais beaucoup avoir ton avis. Je parle instinct maternel, recherche de la mère parfaite, comparaison, jalousie…
    Je me permets de partager :
    https://kitdesurviepournounou.fr/jalousie-nounou-maman/
    https://kitdesurviepournounou.fr/nounou-maman-jalouse/

    Aimé par 1 personne

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